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Rosanna Lefeuvre (1993, France). Lives and works in Pantin.

rosanna.lefeuvre@gmail.com

(+33) 7 62 74 98 93

Education

2018

 

2017

 

2015

MA textile design, Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs, EnsAD, Paris, FR

DSAA Image & Editorial

Duperré, Paris, FR

Exchange, fashion & collection design

Aalto University, Helsinki, FI

Exhibitions

2019 Solo Show, Jane's gone, Beers Gallery, London, EN

2019 Solo Show, An open collar, Kosminen Gallery, Helsinki, FI

2019 Group show, ROOM 237, Galerie Bubenberg, Paris, FR

2019 Group show, 64th Salon de Montrouge, Le Beffroi, Montrouge, FR

2019 Group show, 100%, La Villette, Paris, FR

2018 Group show, Musée d'Orsay, Paris, FR

2018 Solo show, Jane, EnsAD, Paris, FR

2016 Group show, Musée de la dentelle, Calais, FR

Award / Nomination

2019 3rd Price / Prix Picto de la mode

2019 Selected for the 64th Salon de Montrouge

2018 Laureate of the Fondation Bettencourt

Schueller’s grant Innovation & Savoir-faire.

 

Rosanna Lefeuvre’s practice minutely blends materials and manners.

She proceeds by printing digital photos on textile, which she weaves herself beforehand – in cotton and polyester--thus allowing or disallowing the image to bind itself. These veils marked with images lure the spectator, whose desire to grasp their nature or the revelation of their representation then distances them. Grasping is therefore a question

 of distance, paradoxically, far from these hands that are tangled up in a “reserve,” which is also that of painting. By appealing to the traditional role of the canvas as support and surface, she allows for the quasi ghostly presence of bodies, the details of bodies, and faces.

In a number of her works, two overlapping fabrics – the material support for the work and the item of clothing – enter into collusion as they both dissimulate and reveal subjects that borrow from the sensuality Barthes describes as the gap between “the glove and the sleeve”: “Is not the most erotic place of the body where the clothing yawns?”*. The Curtain Ajar (2017), takes on, in this domestic poetry, the load of an open collar, just like classical painting reveals, by covering them, the reliefs of a body whose modesty it feigns. Thus, bloated with fragmented bodies, the Blue Satin Dress (2018) and the Yellow Satin Blouse (2018) add a reference to pleats in classical art to the pictorial challenge of monochrome, with photographs of, on the one hand, teenage imagery such as light-colored underwear and make-up palettes  and, on the other, the strange and irresistible momentum of clothing as it is lifted.

La pratique de Rosanna Lefeuvre mêle avec minutie matières et manières. Elle procède par impression de photographies numériques sur du textile, qu’elle tisse au préalable de fils - coton ou polyester - permettant ou non

à l’image de s’y fixer. Ces voiles marqués d’images invitent au rapprochement du spectateur, que le désir d’en saisir la nature

ou la révélation de la représentation éloigne ensuite. Saisir est ainsi, paradoxalement, question de distance, loin de ces mains enchevêtrées

par une « réserve » qui est aussi celle de la peinture. En appelant au rôle traditionnel de la toile, comme support et surface, elle permet la présence, quasi fantomatique, de corps, détails de corps, visages.

 Dans nombre de ses œuvres, deux tissus superposés - support matériel

de l’œuvre et vêtement - entrent en complicité de dissimulation et de dévoilement de sujets qui empruntent la sensualité décrite par Barthes dans l’écart entre « le gant et la manche » : « L’endroit le plus érotique

d’un corps n’est-il pas là où le vêtement bâille? ». Le rideau entrouvert (2017) revêt, dans cette poésie domestique, la charge d’un col ouvert, au même titre que la peinture classique dévoile, en les recouvrant, les reliefs de corps dont elle feint la pudeur. Ainsi enflées de corps morcelés, la robe de satin bleu (2018) et la blouse de satin jaune (2018) mêlent à l’enjeu pictural du monochrome la référence au plissé dans l’art classique,

 à partir de photographies tendant, pour certaines, à une imagerie d’adolescences en dessous clairs et palettes de maquillage, traversées

 de l’étrangeté et de l’irrésistible poussée d’habits en soulèvement.

 

* R. Barthes, Le plaisir du texte, Seuil, Paris, 1973, p. 19

 

Audrey Teichmann

 

FR